J'avais dans l'intention depuis environ, pfiou, tout ça, de vous entretenir (dans la faible mesure de mes petits[1] moyens) de littérature américaine. D'autant que je peux maintenant prétendre à lire dans le texte comme je respire - mais je n'ai toujours pas osé Faulkner et faites qu'aucun ouvrage d'Henry James n'ose s'approcher de moi.

Je me faisais récemment la réflexion que la littérature est vraiment tombée dans l'eau propre du ruisseau[2], surtout dans les sphères blogocentriques (et aussi en tête de gondole à Montlaur Continent Carrefour, mais ça, on le savait déjà).

La présence d'une seule catégorie intitulée « Littérature » pour regrouper au festival de Romans tous les textes n'entrant pas dans les autres tiroirs est (et certains des lauréats ont été les premiers à le reconnaître) un signe flagrant de la dévaluation du terme (car qui dit « littérature » est supposé dire « art » et pas seulements « mots », et bien que je sois la première à admettre que la définition d'un art est floue et que chacun est autorisé à en avoir sa vision personnelle, il y a des limites[3]). Le festival se définissait d'ailleurs comme celui de « la création sur Internet », et sans vouloir dévaluer la création, elle n'est pas nécéssairement artistique. Le premier qui essaie de me faire croire qu'AmRhaps est littéraire se verra privé de dessert, mais qu'on n'essaie pas de lui retirer sa qualité de création. Sinon, je mors, et mon dentiste ne vous recommande pas de tomber sous ma dentition.

L'engouement passager - sans parler de la crise de jalousie associée - qui a enveloppé bon nombre de carnets français à l'annonce de la publication d'ouvrages rédigés par Hélène, Caroline et Pomme par exemple me semble tout aussi surprenant : écrire de façon plaisante, est-ce donc ça, faire des livres ? Sans vouloir dévaluer la qualité du travail de ces dames, je crois que c'est un singulier manque d'ambition pour un aspirant auteur de limiter ses rêves à la rédaction de petits guides de survie en société... ces oeuvres ne sont pas comparables aux ébauches de romans et autres nouvelles qui traînent dans les tiroirs de certains.

Tout ce laïus, donc, pour préciser que vous parler de littérature américaine, pour moi, c'est vous parler de livres. De livres où l'agencement et le choix des mots, bien plus que, oh, de faire des phrases[4], a une fonction première esthétique. Et je ne parle pas de feuilles de styles.

Je n'envisage pas d'être exhaustive sur le sujet - je ferais une thèse en littérature, sinon ; moi, je suis exhaustive entre autres sur l'étude des méthodes permettant de compenser le déséquilibre de jeux de données, et croyez-moi, ça m'occupe du matin au soir et même plus. J'ai juste l'intention de m'étaler sur plusieurs billets pour vous faire découvrir quelques petits morceaux de bonheurs sortis de la plume d'auteurs américains. Avec, au programme, en vrac, des pièces de théâtre, de la science-fiction, du roman et du roman policier. Au moins.

La prochaine fois : Theodore Sturgeon, Isaac Asimov et Philip Dick (évidemment). Ou l'un des trois, ou aucun.

Notes

[1] petits, mais bien faits

[2] note à forte teneur en Boby Lapointe

[3] je suis au fond de moi une terrible dictatrice de la pensée, c'est horrible

[4] ceci est une référence à Dany Boon et non pas à Boby Lapointe